04.02.2010
Match Allemagne-Italie...
Oui, j'avoue, je vais faire, cette année encore, de terribles infidélités à mon Allemagne chérie !!! Si tout se déroule comme prévu et comme je l'espère, cela va même être pire que tout dans le genre « Seitensprünge » !!! Dans environ onze jours, je pars à Venise. Et il se peut que pendant les vacances de Pâques j'aille à Rome avec une amie. Qui a elle-même une amie qui vit dans la capitale italienne. L'amie en question a dit à mon amie à moi qu'elle pouvait venir en avril, avec la personne de son choix. Allez savoir pourquoi, la personne de son choix, ce fut moi ! Mon charme fou peut-être, qui n'agit que sur les femmes ?!!! Je n'en sais rien, mais j'en suis ravie, comblée, aux anges. Rome ? Mais je rêve depuis des années de visiter cette ville ! Alors je crois qu'une invitation comme ça, cela ne se refuse pas !!! Mais, au fond de moi, il y a comme une espèce d'étrange mauvaise conscience à partir ailleurs qu'en Allemagne. Depuis longtemps maintenant, je passe de nombreuses vacances outre-Rhin, et je m'y sens comme chez moi. Pendant très longtemps, aller ailleurs m'a semblé impossible. Et puis j'ai eu l'idée saugrenue de me remettre à l'italien l'année dernière. Du coup, très vite, j'ai voulu aller tester et enrichir mes connaissances sur le terrain. Direction le Piémont pendant les vacances de Pâques 2009.
Il faut dire que du jour où j'ai découvert la langue et la culture italiennes, je les ai adorées, vraiment. Ma prof d'italien pensait même que je serais un jour sa collègue, tant il était évident à ses yeux que je me destinais à enseigner l'italien. J'ai longuement hésité entre l'allemand et l'italien. Si ! Quand il a fallu remplir le dossier d'orientation en terminale, j'ai pas mal tergiversé. Et c'est là qu'un de mes amis m'avait dit d'un ton solennel et péremptoire : « Si tu ne fais pas une fac d'allemand, tu t'en voudras toute ta vie » !!!!!!!!!!! Alors voilà à quoi s'est jouée ma destinée !!! Non, pas tout à fait quand même : au fond de moi, une petite voix me disait que j'avais une préférence, infime peut-être, mais bien réelle, pour la langue de Goethe. Malgré tout ce que cette si belle langue m'a apporté et m'apporte encore au quotidien (si, c'est mieux qu'en amour, ça dure vachement plus longtemps, et sans engueulades !!!) j'ai toujours eu le regret d'avoir sauvagement abandonné l'italien, après en avoir fait trois ans au lycée et un an en fac. Il n'est jamais trop tard pour réparer ce genre d'erreur. Ainsi ma mère a passé (brillamment, il faut le dire) une licence d'allemand quand elle était en retraite. Ainsi sa fille s'est remise à l'italien. Et fait des infidélités monstrueuses à l'Allemagne !!! Dites, Weimar, Leipzig, Heidelberg, Fribourg, Karlsruhe, Dresde, Lübeck, Berlin, Munich, Nuremberg, Naumburg, Halle, Darmstadt, vous que j'aime tant, me pardonnerez-vous mes escapades italiennes ?!!
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23.01.2010
Ich schlage vor, dass wir uns küssen
Voilà, je viens de terminer ce roman. Ich schlage vor, dass wir uns küssen, c'est-à-dire : Je propose que nous nous embrassions. Certes, j'aime beaucoup ce titre et surtout la jolie proposition qu'il renferme. Mais c'est surtout le sujet qui m'avait intéressée de prime abord : il y a quelques mois, j'étais allée écouter, à l'institut Goethe, l'animation « Deux livres à lire ». Un moment que je vous recommande ... si vous comprenez l'allemand et avez envie de lire Goethe et ses amis dans le texte !
Ich schlage vor, dass wir uns küssen, c'est l'histoire d'un monsieur qui, quelque temps après la chute du mur de Berlin, reçoit une étrange invitation : il est sollicité pour participer à une discussion mettant en scène les « écrivains inconnus et underground de RDA ». Il ne pige pas ce qui lui arrive. Pourquoi lui ? Il ne se savait pas écrivain ! Il a simplement écrit des poèmes enflammés à sa belle lorsqu'il était jeune. Elle vivait à Munich, lui à Berlin. A l'époque, un rideau de fer les séparait. Et il lui adressait donc des courriers mélancoliques. Et des poèmes dégoulinant d'amour... Exemples :
« Die Welt ist groß. Das Land ist klein.
Der Mensch ist fett. Die Luft ist dünn.
Die Straßen führen nirgends hin
Als nur zu dir. So soll es sein ».
ou :
« Ich schlage vor, dass wir uns küssen
mal ohne Zeitbeschränkung ».
A l'époque, il écrivait également des poèmes où il crachait son amertume face à un régime (celui de RDA, donc) qui ne lui convenait pas. Il envoyait tout cela à sa belle. Et ses lettres étaient systématiquement ouvertes, analysées par de bons fonctionnaires... Et ses poèmes étaient commentés par la Stasi, ce qui donne lieu à de cocasses et savoureuses explications de textes !!!
D'où cette curieuse invitation à prendre part à une discussion sur la littérature underground de RDA.
Le roman raconte également la belle histoire d'amour qui unit le narrateur et Liane. Une histoire tellement belle que lorsque le mur de Berlin tombe enfin après des années de séparation forcée pour les deux tourtereaux, on se dit que forcément, ils vont se retrouver pour ne plus se lâcher. On se dit cela et, en même temps, notre expérience étant malheureusement ce qu'elle est, on pense immédiatement, en grand correcteur avisé, que non, c'est trop beau, leur idylle va aller se fracasser la tronche contre un autre mur, plus terrible encore que celui de Berlin : le mur de la réalité. La belle quitte son amoureux. « Il n'y a pas d'amour heureux »...
Un très bon roman. Merci, Rayk Wieland ! Je propose non pas que nous nous embrassions, je vous connais à peine, mais que d'autres livres de vous viennent m'accompagner prochainement !
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23.12.2009
Il faut continuer...
Profitons des vacances pour alimenter un peu ce blog, qui n'a pourtant guère de succès. Je dois en être la seule « visiteuse » avec Petit-Jour et le Doc !!!!! Qu'à cela ne tienne, il faut continuer ! « Il faut continuer », c'est la phrase que mon père répète inlassablement face aux vicissitudes de l'existence. Et, comme « le plus fort c'est mon père », on va dire qu'il a souvent raison ! L'année dernière, à cette même époque, quand nous étions, comme dirait mon père (une fois de plus, décidément !) dans le « foutoir » (oui, c'est bien le mot qui convient), l'année dernière, mon père m'a répété mille fois que quoi qu'il arrive, il faudrait continuer... Et ce « quoi qu'il arrive » s'est, au fil du temps, transformé en « si le pire arrive ». Et, par une lugubre nuit de février, « si le pire arrive » est lui-même devenu « le pire est arrivé »...
Je profite souvent des vacances de Noël pour mettre de l'ordre dans le foutoir qui règne dans les différents endroits où sévit mon ... comment dire... mon côté artiste, dirons-nous pour ne pas dire autre chose ... de moins flatteur à mon égard !!! Bref. Des papelards partout : sur mon bureau d'abord. Des sujets d'interros que je ne classe pas au fur et à mesure. Du courrier même pas ouvert. Des réductions dans je ne sais quel magasin, je garde, ça peut toujours servir, sauf que quand je me pointe dans le magasin en question, je m'aperçois que j'ai oublié le bon de réduction ... sur mon bureau !! Du foutoir dans les placards aussi : mes magazines « Vocable » et « Lire ». Même quand je les ai lus du début à la fin (ce qui est rare), je ne peux me résoudre à les jeter... Trop de choses nous lient ! Des dessins de Clara. Partout. Des gâteaux périmés. Bref... Avant-hier, donc, j'ai rangé mon bureau. Il est nickel. D'une clarté qui ne me ressemble pas ! Ce matin, j'ai rangé le débarras situé près de la cuisine. Et voilà que je suis tombée sur les photos dont nous avions, mon frère et moi, orné les murs de la chambre d'hôpital de ma mère, l'année dernière, à cette même époque. Tout à coup, mon coeur s'est serré, comme s'il n'était déjà pas assez noué, tordu comme une serpillière sur laquelle se seraient acharnées les mains d'une ménagère trop zélée... J'ai ouvert la grande enveloppe estampillée « CHU de Nancy ». Et tout m'a sauté à la figure : maman et ses petits-enfants, maman et sa chienne, moi affichant un grand sourire, le grand sourire d'avant le grand désastre... Et j'aurais pu hurler de douleur. Mais je me suis retenue pour ne pas effrayer mes enfants...
Il y a un an, donc, le terrible foutoir. Dedans jusqu'au cou, et rien qui surnageait. Pas d'espoir, pas la moindre lueur d'espoir dans l'horizon bouché...
Malgré tout, comme dirait mon père, qui est vraiment le plus fort de tous les pères, plus fort que celui de Linda Lemay aussi, bien sûr, comme dirait mon père, donc, il faut continuer... Ce n'est pas moi qui dirai le contraire. Et j'ai décidé d'aller à Berlin en juillet 2010. Je me le promets (sauf contre-indication du destin, sait-on jamais). Et je retournerai sur les lieux que ma mère avait aimés. J'arpenterai de nouveau le Kurfürstendamm où nous avions flâné ensemble il y a de cela deux ans et demi. Parfois, ma mère regardait les photos de Berlin et me téléphonait dans la foulée, me disant que cela lui avait flanqué la nostalgie. Invariablement, je lui répondais : « On y retournera, ne t'en fais pas ». Alors il faut que je retourne à Berlin. Que j'appelle mon ami Rainer et lui dise que je vais débarquer de nouveau, que nous allons pouvoir nous voir tous les jours, tous les soirs pendant mon séjour. Cela fait si longtemps que je ne l'ai pas vu, l'ami Rainer...
Et je ferai ce voyage comme d'autres font un pèlerinage...























