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<title>Dadla</title>
<description>Dictionnaire amoureux de l'Allemagne</description>
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<title>20 ans déjà !</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 20:55:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.lefigaro.fr/medias/2008/04/08/07b4c0c4-056c-11dd-987a-2bb641b34b5d.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/04/08/01006-20080408ARTFIG00486-la-chute-du-mur-de-berlin.php&amp;amp;usg=__gA5mfVOdKGh7nSc60cNsoiD7SUM=&amp;amp;h=277&amp;amp;w=493&amp;amp;sz=25&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=5&amp;amp;um=1&amp;amp;tbnid=lqgL7TQTNb6d6M:&amp;amp;tbnh=73&amp;amp;tbnw=130&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dchute%2Bdu%2Bmur%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26um%3D1&quot;&gt;&lt;img height=&quot;73&quot; width=&quot;130&quot; src=&quot;http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:lqgL7TQTNb6d6M:http://www.lefigaro.fr/medias/2008/04/08/07b4c0c4-056c-11dd-987a-2bb641b34b5d.jpg&quot; style=&quot;border: 1px solid;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Vous avez vu ça ? En ce moment, on entend parler de l'Allemagne à tous les coins de rue ! Je biche, évidemment ! 20 ans déjà que le mur est tombé... Je me souviens encore assez précisément de ce 9 novembre 1989 qui changea la face du monde, piétinant enfin cette aberration qu'était la division de l'Allemagne... Les images de tous ces Allemands se retrouvant, s'enlaçant, pleurant parfois à chaudes larmes, m'avaient retourné le coeur. A l'époque, je commençais tout juste à aimer l'allemand. Je ne savais pas encore que je «&amp;nbsp;finirais&amp;nbsp;» prof d'allemand. C'est le destin, comme disent certains. Ma vocation, pour faire pompeux ! En 1993, âgée de 20 ans tout juste, je partais vivre et étudier à Leipzig. J'allais découvrir l'Est. Le charbon qu'il fallait aller chercher dans la cave quand on voulait prendre un bain chaud. Les Trabant qui faisaient un potin d'enfer. Les maisons délabrées. Le désarroi des uns, la joie des autres : aux yeux de certains Allemands de l'Est, tout était allé trop vite, ils ne parvenaient pas à prendre leurs marques dans le grand monde capitaliste. Pour d'autres, la réunification fut une délivrance. J'ai eu la chance de côtoyer les deux points de vue. La dame chez qui je vivais à l'époque, par exemple, était communiste jusqu'aux os ! Et regrettait le rideau de fer ! Et ponctuait ses phrases de mille et uns «&amp;nbsp;zu DDR-Zeiten&amp;nbsp;», toujours pour souligner les aspects positifs et imbattables du régime est-allemand. Mon ami R., lui, grand inadapté, me disait régulièrement qu'il n'avait jamais trouvé sa place dans le système communiste, mais que c'était encore pire maintenant qu'il n'existait plus. Moi, je ne pouvais que boire les paroles des uns et des autres, me tenir en retrait, poser quelques questions, mais jamais je n'aurais osé faire un commentaire. J'avais grandi à des lieues de tout cela, impossible de dire ce que j'en pensais...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a name=&quot;thumbnail&quot; href=&quot;http://www.fischerverlage.de/sixcms/media.php/108/thumbnails/Rusch,Claudia_167.jpg.318852.jpg&quot; id=&quot;thumbnail&quot;&gt;&lt;img height=&quot;79&quot; width=&quot;71&quot; src=&quot;http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:uc0nwpPHI0IviM:http://www.fischerverlage.de/sixcms/media.php/108/thumbnails/Rusch,Claudia_167.jpg.318852.jpg&quot; alt=&quot;Afficher l'image en taille réelle&quot; style=&quot;margin: 10px 10px 0px; float: left; border: 1px solid;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Claudia Rusch, elle, a grandi les deux pieds dedans. Et s'est toujours sentie mal en RDA. Dans un livre puissant, &lt;em&gt;Meine freie deutsche Jugend&lt;/em&gt;, elle a relaté d'une façon grandiose ses souvenirs est-allemands. Un livre dont il fut question ici l'année dernière, en décembre. Aussi, lorsque j'ai appris que madame Rusch, la grande, l'unique, allait venir à l'institut Goethe de Nancy, ai-je tout de suite su qu'il était de mon devoir d'aller l'écouter ! Jeudi soir, elle lisait quelques-uns de ses textes à l'institut Goethe. Et j'ai appris que des élèves d'un lycée de Nancy doté d'une section Abibac avaient traduit le livre &lt;em&gt;Meine freie deutsche Jugend&lt;/em&gt;, sous la houlette de leur prof d'allemand. Claudia Rusch s'est réjouie : le titre retenu, &lt;em&gt;La Stasi&lt;/em&gt; &lt;em&gt;derrière l'évier&lt;/em&gt;, était celui auquel elle avait pensé pour la version allemande. Mais la maison d'édition avait émis de sérieuses réserves, et il avait fallu obtempérer. Claudia Rusch garde un souvenir amer de ce qu'elle a vécu en RDA. Elle en a toujours voulu à ce système qui enfermait ses citoyens. Cette femme est à la fois drôle et émouvante. Elle sait faire preuve de beaucoup d'humour, mais sait aussi donner libre cours à ses émotions ... se reprenant très vite cependant : «&amp;nbsp;Si je me mets à pleurer ici et vous aussi, on va se trouver honteux après, c'est sûr. On va éviter&amp;nbsp;» ! Malgré tout, elle avait presque des sanglots dans la voix en évoquant ses parents, à qui elle a rendu un magnifique hommage jeudi. «&amp;nbsp;Je me suis demandé, après la chute du mur, ce que j'aurais fait s'il n'y avait pas eu la réunification. Je crois que j'aurais fini par quitter la RDA. Mais, étant fille unique, je me suis toujours sentie coupable de vouloir infliger une telle séparation à mes parents. En 1996, un de nos amis nous demanda, à mes parents et à moi, ce que nous aurions fait si le mur de Berlin n'était pas tombé. Et mes parents de lui expliquer qu'ils avaient déjà tout prévu pour ma fuite parce qu'ils savaient que jamais je n'aurais pu être heureuse en RDA&amp;nbsp;». On comprend que Claudia Rusch soit émue lorsqu'elle rapporte ce genre de propos...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;J'ai passé une soirée magique, vraiment ! Le monde sans le mur de Berlin a 20 ans. C'est le plus bel âge de la vie, non ? Alors, Champagne !&lt;/p&gt;
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<title>La langue de Goethe...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Fri, 04 Sep 2009 16:03:52 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.german.leeds.ac.uk/RWI/2003_04project5/goethe.jpeg&amp;amp;imgrefurl=http://www.german.leeds.ac.uk/RWI/2003_04project5/Goethe.htm&amp;amp;usg=__z6zUT03-S8s24Lva20MidmfvIKw=&amp;amp;h=580&amp;amp;w=495&amp;amp;sz=35&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=2&amp;amp;um=1&amp;amp;tbnid=wL1mtVxfO13ACM:&amp;amp;tbnh=134&amp;amp;tbnw=114&amp;amp;prev=/images%3Fq%3DGoethe%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26um%3D1&quot;&gt;&lt;img height=&quot;134&quot; width=&quot;114&quot; src=&quot;http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:wL1mtVxfO13ACM:http://www.german.leeds.ac.uk/RWI/2003_04project5/goethe.jpeg&quot; style=&quot;border: 1px solid;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;J'ai effectué ma pré-rentrée mardi, j'ai assuré mes premiers cours (oh, je ne sais pas si j'ai assuré, en tout cas, j'ai fait mes premiers cours !) hier, c'est-à-dire jeudi. Et je dois avouer que je suis contente, oui, contente de retrouver certaines bouilles bien connues, contente d'en découvrir d'autres. Et je ne me lasse pas (pas encore ?) de ce métier qui peut être parfois si enrichissant. Car il arrive que l'on aille d'étonnement en étonnement, voire d'émerveillement en émerveillement. Je reconnais que j'ai de la chance et que je récupère un peu, grâce à ma matière, la crème du bahut. Mais pas toujours non plus !!! Je ne vais pas rougir de ce privilège, l'allemand morfle suffisamment par ailleurs. L'allemand a mauvaise presse, toujours, malgré Tokio Hotel, malgré je ne sais trop quoi ou qui. D'une façon générale, aux yeux de bien des élèves, cela reste une langue moche et difficile. Avoir un point de vue aussi étroit, quelle tristesse ! Ne pas se donner les moyens de vérifier si l'on a raison ou tort, quel dommage ! Mes pauvres amis, vous passez à côté d'une langue merveilleuse, ultra poétique, extrêmement précise, incroyablement riche et belle. Enfin, tant pis pour vous !!! Et tant mieux pour les autres, les bienheureux qui choisissent d'étudier cette langue ! Je reviens à mes moutons : je fais parfois des yeux tout ronds devant ce que peuvent me dire les élèves. L'année dernière, leur demandant s'ils connaissaient des villes allemandes, j'avais été sidérée par la réponse d'un gamin : «&amp;nbsp;Moi, madame, je connais Ulm parce que c'est la ville natale d'Einstein&amp;nbsp;» !!!!! Ce matin, je signale à mes élèves de 6ème l'existence du formidable Institut Goethe de Nancy et là, une fille lève le doigt et me dit : «&amp;nbsp;Ah oui, je connais, je passe souvent devant avec mes parents et j'ai même déjà fait des recherches pour savoir qui était Goethe&amp;nbsp;». Alléchée, je demande : «&amp;nbsp;Ah ? Très bien, peux-tu nous en dire davantage sur Goethe ?&amp;nbsp;» Et la gamine de me dire : «&amp;nbsp;C'était un écrivain allemand qui a écrit &lt;i&gt;Les malheurs du jeune Werther&lt;/i&gt;, je crois&amp;nbsp;». Moi : «&amp;nbsp;Oui, ce sont &lt;i&gt;Les souffrances&lt;/i&gt; &lt;i&gt;du jeune Werther&lt;/i&gt;, tu n'étais pas loin&amp;nbsp;». Et la gamine de poursuivre : «&amp;nbsp;J'aimerais bien lire ce livre&amp;nbsp;» ! Ok, ma belle, mais sais-tu qu'à sa parution ce bouquin déclencha une immense vague de suicides ?!!!!! Evidemment, je ne lui ai pas dit ça, je vous le dis à vous, comme ça, au passage ! Ce matin, j'ai simplement signalé à l'élève en question que ce n'était pas un livre très gai. Pas très facile non plus, surtout quand on démarre l'allemand !!! Mais bon, me voilà revigorée pour le week-end ! Dire que dans un autre bahut, un jour où j'avais, par écrit, évoqué la langue de Goethe, un élève avait levé le doigt et demandé : «&amp;nbsp;Mais c'est qui, Goète ?&amp;nbsp;» !!!!! Qui a dit que la culture était en péril dans notre beau pays ?!!!&lt;/p&gt;
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<title>Ecoutez d'où ma peine vient...</title>
<link>http://dadla.hautetfort.com/archive/2009/08/23/ecoutez-d-ou-ma-peine-vient.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Sun, 23 Aug 2009 00:41:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Tout à l'heure, en allant au cinéma, j'écoutais Souchon chanter d'où sa peine vient... Et moi, ma peine, d'où vient-elle ? Vous le savez bien, n'est-ce pas ? Immense peine quand je pense que ma mère, qui aimait l'Allemagne à peu près autant que je peux l'aimer, immense peine quand je pense que ma mère ne verra pas les festivités autour des 20 ans de la chute du mur de Berlin... Immense peine quand je pense qu'elle ne sentira plus le rythme des saisons qui lui était si cher. Elle aimait le printemps qui insufflait une âme nouvelle à la nature, elle aimait l'été qui lui permettait de récolter ce qu'elle avait semé au printemps, elle aimait l'automne qui lui apportait d'autres joies : faire les vendanges, ramasser les noix. Elle aimait l'hiver qui lui permettait de se reposer du dur labeur qu'avaient engendré les trois saisons précédentes. Immense peine quand j'écoute une belle chanson et me dis qu'elle a été créée dans un monde dont ma mère est effroyablement et pour toujours absente... Immense peine quand je pense à tout ce qui m'a échappé d'elle, tout ce que je n'ai pas eu le temps, pas pris le temps de connaître. J'aime la phrase de Calaferte : «&amp;nbsp;Je songe, attristé, à tout ce que j'aurai ignoré de toi&amp;nbsp;»... Il y a bien longtemps, alors que j'accompagnais ma maman à l'hôpital pour une opération bénigne et l'attendais sur un banc, j'avais fondu en larmes. Un médecin, passant par là, m'avait consolée et dit d'une voix douce : «&amp;nbsp;Une maman, ça ne se perd jamais&amp;nbsp;». Eh bien si, une maman, ça se perd. Parfois tellement vite, tellement brutalement que cela ressemble à une amputation. Voilà d'où vient ma peine... Actuellement, je lis toujours le livre de Joachim Fest, &lt;em&gt;Ich nicht&lt;/em&gt;, et je suis tombée hier sur un passage qui m'a bouleversée. Fest dit en substance qu'il y a quatre gros événements dans une vie : la fois où l'on est submergé par la pureté d'un morceau de musique, le premier grand livre qu'on lit, le premier grand amour qu'on vit, et le premier deuil qui vient à jamais placer une cassure dans la vie. Et donner à celui qui endure ce deuil le sentiment de ce qu'on appelle en allemand le «&amp;nbsp;unwiederbringlich&amp;nbsp;», l'irrémédiable, l'irréversible... L'irréparable, en somme...&lt;/p&gt;
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<title>Lectures d'été...</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Thu, 13 Aug 2009 15:57:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.texttexturen.de/essays/grass_fest/fest.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://www.texttexturen.de/essays/grass_fest/seite4.php&amp;amp;usg=__2CAaBq0fCivyvUSqoaOj3fwqI7g=&amp;amp;h=800&amp;amp;w=518&amp;amp;sz=108&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=3&amp;amp;um=1&amp;amp;tbnid=PkDMuRmXbKyGwM:&amp;amp;tbnh=143&amp;amp;tbnw=93&amp;amp;prev=/images%3Fq%3DJoachim%2BFest%2BIch%2Bnicht%26hl%3Dfr%26sa%3DN%26um%3D1&quot;&gt;&lt;img height=&quot;143&quot; width=&quot;93&quot; src=&quot;http://tbn0.google.com/images?q=tbn:PkDMuRmXbKyGwM:http://www.texttexturen.de/essays/grass_fest/fest.jpg&quot; style=&quot;border: 1px solid;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Durant mon court séjour en Bretagne, j'ai eu le temps de lire un peu. Chaque soir, une fois que les filles étaient couchées !! J'ai terminé le livre &lt;i&gt;Soie&lt;/i&gt; d'Alessandro Baricco. Un livre d'une grande force poétique. La fin est totalement inattendue. En tout cas, moi, je ne m'attendais pas à ce dénouement-là. Et j'ai hâte de voir ce que va donner l'adaptation cinématographique de ce beau roman.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Ensuite, je me suis plongée dans &lt;i&gt;Ich nicht&lt;/i&gt;, de Joachim Fest. Joachim Fest était un historien et journaliste allemand, né en 1926 et mort en 2006. Sa famille a résisté aux nazis et c'est cette résistance-là dont il est question dans &lt;i&gt;Ich nicht&lt;/i&gt;. Le titre signifie «&amp;nbsp;pas moi&amp;nbsp;». Alors que tant d'autres vont pactiser sans vergogne avec le diabolique, Joachim Fest et sa famille disent tous en choeur : «&amp;nbsp;Ich nicht&amp;nbsp;». Pas moi ! Le titre est inspiré d'une sentence latine chère au père de Joachim Fest : «&amp;nbsp;Etiam si omnes – ego non!&amp;nbsp;». En allemand, cela donne : «&amp;nbsp;Auch wenn alle mitmachen – ich nicht !&amp;nbsp;». En français : «&amp;nbsp;Même si tous en sont, pas moi !&amp;nbsp;». Belle devise, n'est-ce pas ? Joachim Fest évoque son enfance sous le Troisième Reich, le désespoir de son père face à l'aveuglement du peuple allemand, mais aussi de menus détails qui font la vie d'un enfant. Il livre également de très fines analyses psychologiques. Il ouvre les yeux et voit qu'autour de lui tout a changé. Tout et tous, ou presque. Ainsi cette voisine qui traite Joachim de petit délinquant pour trois pommes volées. Et d'ajouter que le parti a tout de suite bien compris à qui il avait affaire et a eu raison de démettre le père de Joachim de ses fonctions. Ceci me semble particulièrement intéressant : ces tempéraments qui, sous l'effet du fanatisme, se révèlent, s'exacerbent.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Et puis il y a tous ces autres qui, sans aucune conviction, s'acoquinent avec le nazisme pour avoir la paix. C'est d'ailleurs une suggestion que madame Fest fait un jour à son époux. Elle se dit que s'il acceptait de faire quelques compromis, il pourrait retrouver un travail et mener une vie paisible. Mais monsieur Fest n'est pas de ceux qui abandonnent aussi facilement. Et il poursuit la lutte. Envers et contre tous. Une forte leçon de courage. Je vais m'y replonger tout de suite. J'en reparlerai sans doute ici.&lt;/p&gt;
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<title>Ruhm</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Thu, 25 Jun 2009 15:22:16 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp; &lt;a target=&quot;AmazonHelp&quot; href=&quot;http://www.amazon.de/gp/product/images/3498035436/ref=dp_image_0?ie=UTF8&amp;amp;n=299956&amp;amp;s=books&quot; onclick=&quot;return amz_js_PopWin(this.href,'AmazonHelp','width=700,height=600,resizable=1,scrollbars=1,toolbar=1,status=1');&quot;&gt;&lt;img height=&quot;240&quot; onload=&quot;if (typeof uet == 'function') { uet('af'); }&quot; width=&quot;240&quot; src=&quot;http://ecx.images-amazon.com/images/I/41pdq48lD7L._SL500_AA240_.jpg&quot; alt=&quot;Ruhm: Ein Roman in neun Geschichten&quot; border=&quot;0&quot; id=&quot;prodImage&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;J'aime bien ce livre. L'auteur a lui-même précisé, en-dessous du titre : «&amp;nbsp;Ein Roman in neun Geschichten&amp;nbsp;». C'est-à-dire un roman en neuf histoires. Des histoires d'une vingtaine de pages chacune. La première m'a beaucoup plu : un homme, jusque là totalement réfractaire à l'utilisation du portable, se décide à s'en acheter un. Or, il se voit attribuer le numéro d'un autre homme, un certain Ralf. Qui, lui, est très demandé. Au départ, Ebling, celui qui a récupéré ce numéro, tient à préciser aux gens qui l'appellent qu'ils font erreur. Puis, il commence à se prendre au jeu. Et à se faire passer pour ce Ralf qui a une vie sentimentale hautement palpitante. Ebling donne rendez-vous à une dame, puis ne se rend pas au rendez-vous, évidemment. Etc. Le jeu en question l'émoustille tellement qu'il en retrouve du désir pour son épouse ! Jusqu'au jour où, curieusement, plus d'appels pour Ralf. Le portable devient quasi muet. Et Ebling prend soudain la mesure du vide de son existence... Il a suffi d'un tout petit rien pour qu'il voie dans quel néant patauge son quotidien... Ebling garde cependant tout le temps son téléphone à portée de main, des fois que... Et son collègue bien intentionné de lui faire remarquer : «&amp;nbsp;Mais qui pourrait donc t'appeler ?&amp;nbsp;». J'aime bien cette histoire et l'idée que parfois, un infime détail vient tout faire vaciller, rompant l'équilibre que l'on croyait acquis et qui n'était en fait qu'un semblant d'équilibre...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Puis, il y a cette histoire d'une femme médecin sans frontières qui s'amourache d'un écrivain pétri d'angoisses diverses et variées. Enorme décalage entre cet homme qui contemple pas mal son nombril et cette femme qui a plutôt tendance à mettre sa vie au service de celle des autres... En voilà deux qui sont bien barrés, encore !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Ensuite, c'est l'histoire de Rosalie. Elle se sait condamnée à plus ou moins longue échéance par un cancer qui lui ronge le pancréas. Elle décide d'avoir recours à un organisme suisse qui l'aidera à abréger ses souffrances. Sauf que Rosalie n'est pas une femme comme les autres : c'est un personnage de roman. Et l'on assiste à de «&amp;nbsp;vraies&amp;nbsp;» querelles entre Rosalie et l'écrivain qui lui a donné la vie ! Elle le supplie de changer son destin. Il peut encore tout effacer. La rajeunir, même ! Cèdera-t-il ? C'est ce que vous apprendrez si vous lisez &lt;i&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: none;&quot;&gt;Ruhm&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, de Daniel Kehlmann ! Pour l'instant, j'en suis là. Et je vais me dépêcher de publier cette note pour aller lire sans plus tarder la quatrième histoire, intitulée «&amp;nbsp;Der Ausweg&amp;nbsp;» !&lt;/p&gt; 
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<title>Anna</title>
<link>http://dadla.hautetfort.com/archive/2009/06/23/anna.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Tue, 23 Jun 2009 09:44:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://dadla.hautetfort.com/media/00/01/868924022.JPG&quot; alt=&quot;P1010493 [640x480] [50%].JPG&quot; id=&quot;media-1838229&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;Quand j'étais enfant, je passais toutes mes vacances en Bretagne. Eté : Bretagne. Toussaint : Bretagne. Février : Bretagne encore ! Pâques : Bretagne toujours ! Mon Breton de père avait décrété que nous n'irions jamais ailleurs, question de principe ! Surtout, il avait suivi ma mère en Lorraine et y passait les trois quarts de son temps. Alors, dès qu'il était en congé, direction les Côtes d'Armor, que j'ai même connues sous l'appellation «&amp;nbsp;Côtes du Nord&amp;nbsp;» ! Nous allions toujours au même endroit, dans un village paumé du 22... Où les gens avaient des voitures invraisemblables, qu'on ne voyait plus que dans le 22, justement ! Un village où l'alcool faisait des ravages dans la population. Où la plupart des gens s'exprimait dans une langue que ma mère, mon frère et moi ne comprenions pas. Mais que mon père maîtrisait très bien, lui ! Quand il se mettait en colère, il ne connaissait que le breton, par exemple !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Un bled paumé où nous nous éclations quand même à fond. Un endroit qui nous réservait toujours des surprises. Parfois, c'était Byzance : tous mes cousins y passaient leurs vacances en même temps que nous. Parfois aussi, il y avait de nouveaux visages. Souvent des gamins d'autres régions de France qui venaient passer leurs vacances chez leurs grands-parents. Et c'est ainsi que j'ai beaucoup joué avec les petits-enfants d'une certaine Marguerite et ceux aussi d'une certaine Lucie. Pour ajouter au charme de l'endroit, il y avait la mer à 30 kilomètres, alors qu'aurait pu demander le peuple ?!&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Puis, la crise de l'adolescence aidant, je n'ai plus tellement voulu suivre mes parents. A partir de 17 ans, je ne suis plus allée en Bretagne. Pendant les vacances, je restais en Lorraine avec ma grand-mère maternelle, mes parents se rendaient seuls au bout du monde !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Puis, un jour, la nostalgie. L'envie folle de revoir ce lieu insolite ! C'était en 1994, si mes souvenirs sont bons. En me voyant arriver, Lucie s'était écriée : «&amp;nbsp;C'est pas vrai, c'est toi, c'est bien toi ?&amp;nbsp;» Il y avait belle lurette que ses petits-enfants ne venaient plus passer leurs vacances en Bretagne... Pauvre Lucie, qui avait perdu un fils et ne s'en était jamais remise. Pauvre Lucie, qui me disait parfois (je cite tellement c'est amusant et pur) : «&amp;nbsp;Comment je fais, moi, avec mon mari qui est sourd à la maison ?&amp;nbsp;» !!!! Pauvre Lucie, morte il y a quelques années déjà. Sa fille avait pris soin de me prévenir, me disant que toujours Lucie avait parlé de moi, et qu'elle était fière de moi. Et moi donc, qu'est-ce que j'étais fière d'elle ! Fière d'être son amie !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Et puis, il y avait Anna. Elle, je n'ai jamais joué avec ses petits-enfants. Mais je la connaissais bien. Elle s'était mariée avec un Parisien (d'ailleurs, on l'appelait «&amp;nbsp;le Parisien&amp;nbsp;» !!), mais restait attachée à son village d'origine. Pendant longtemps, ils ont tous deux fait la navette entre Paris et la Bretagne. Jusqu'au jour où leurs forces sont allées s'amenuisant et où ils ont décidé de poser définitivement les valises dans les Côtes d'Armor. Anna et son mari, Yves, je les ai toujours considérés comme les philosophes des lieux ! A partir de 1994, je suis retournée très régulièrement à Lohuec (le nom est lâché !) et je ne manquais jamais de leur faire une petite visite. Anna me parlait de ma grand-mère paternelle, dont elle avait été la grande amie. Et cela tombait bien car moi, cette grand-mère, je ne l'ai jamais connue. Pour des raisons assez sombres. Elle est morte quand j'avais une douzaine d'années, mais nous avons toujours eu interdiction de l'évoquer. Mon père ne le souhaitait pas, pour des raisons qui lui étaient propres et que nul ne peut juger... Bref... Anna. Une force de la nature. Qui m'a toujours adorée plus que de raison. Et que j'adore aussi, à un point qu'elle ne peut même pas imaginer ! Quand j'arrive chez elle, ce sont toujours les effusions. Et quand je repars en Lorraine, je lui rends une traditionnelle visite d'au revoir, en espérant que ce ne sera pas un adieu. Car Anna a 93 ans, quand même ! Et nous nous quittons des larmes plein les yeux, et Anna me dit : «&amp;nbsp;Tu ne reviens pas assez souvent ici&amp;nbsp;». Anna à qui j'ai téléphoné, en larmes, en février, pour lui annoncer la mort de ma mère. Anna qui pleurait presque avec moi, je l'ai senti à sa voix. Anna qui m'a dit : «&amp;nbsp;Mais viens donc faire un tour en Bretagne dès que tu peux, cela te fera le plus grand bien&amp;nbsp;». Anna qui m'a dit aussi : «&amp;nbsp;Ne sombre pas, tu es maman toi aussi, bats-toi&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Alors, ma chère Anna, ma philosophe, cet été, tu vois, je vais être raisonnable et suivre ton conseil : je viendrai à Lohuec. Début août. Tiens bon, je t'en supplie. Jusque là et plus encore...&lt;/p&gt; 
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<title>L'ardoise</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Cath)</author>
<pubDate>Sat, 30 May 2009 15:37:59 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Je ne comprends pas... Elle ne faisait jamais faux bond à personne. Côté politesse, elle était championne. Jamais en retard à aucun rendez-vous. Toujours là, fidèle... Plutôt même en avance d'ailleurs. Elle ne laissait jamais rien en plan, ce n'était pas son genre de commencer quelque chose et de ne pas l'achever. Et je crois qu'à la regarder agir ainsi, j'en ai pris de la graine. Je l'espère, en tout cas. La seule chose que je puisse faire encore pour la maintenir un peu en vie, c'est de cultiver ce qu'elle m'a enseigné. C'est d'essayer de le transmettre à mon tour, même si je suis sans doute moins habile qu'elle...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Elle est donc partie comme ça, sur la pointe des pieds. La reine de la discrétion, ma mère. Jusqu'en sa sortie de scène... Elle qui n'aurait jamais posé un lapin à qui que ce soit, elle nous a tous plantés là. De même, elle a fait faux bond au printemps qu'elle aimait tant pourtant. La brutalité de cette mort m'obsède à présent. Je me dis que moi aussi, d'ailleurs, j'ai intérêt à me presser un peu et qu'il ne me reste finalement pas tant que ça de temps.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Jean-Claude Pirotte écrit dans &lt;i&gt;La légende des petits matins&lt;/i&gt; : «&amp;nbsp;Nous laisserons tous une ardoise, ô Patrick, Breton sourcilleux. Tous à l'heure dite, car il est écrit dans les astres et dans nos paumes ravinées que nous mourrons avant de nous être acquittés de l'essentiel. Nous aurons bu sans la payer la dernière gorgée d'amertume&amp;nbsp;». Voilà. On part comme ça, en laissant quelque part, dans un coin de bistrot, une ardoise que nul ne viendra régler, personne n'ayant l'indécence de réclamer la somme due. En laissant aussi, dans un coeur ou l'autre, plus qu'une ardoise : une enclume... Un poids qui toujours s'ingéniera à venir ternir le plus beau, le plus pur, le plus grand des bonheurs...&lt;/p&gt; 
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