02/11/2007
Le panneau Bundesrepublik Deutschland
Oui, il y aurait tout un poème à écrire sur l’émotion qui me saisit à chaque fois que je passe près de ce panneau… dans le bon sens, s’entend. C’est-à-dire dans le sens France-Allemagne. Ce qui, à l’inverse, me tombe dessus quand il s’agit de regagner mes pénates après une escapade en Allemagne, nous n’en parlerons pas, c’est mieux comme ça ! Le panneau Bundesrepublik Deutschland renferme tant de promesses à mes yeux que lors de notre dernière escapade en Allemagne (et cela remonte à avant-hier, je vais y revenir), j’ai demandé à Sam de ralentir considérablement à hauteur de ces lettres magiques, afin que je puisse les prendre en photo et les mettre ensuite sur ce blog… Seul hic : un autre panneau, totalement dépourvu de poésie celui-là, cachait les trois quarts de l’autre. Tant pis, la jolie photo, ce sera pour la prochaine fois. Et nous ferons les choses en grand, croyez-moi : nous nous arrêterons sur le parking situé à la frontière franco-allemande et j’aurai ainsi tout le loisir de photographier mon panneau, et même vingt mille fois si le cœur m’en dit !!
Petit retour en arrière : avant-hier, comme cela m’arrive bien souvent d’ailleurs, je me suis réveillée avec une immense envie d’Allemagne. Très vite, j’ai fait part de ma lubie à Sam. Et, ô joie démesurée, monsieur n’a manifesté aucune forme de réticence, au contraire… Le sauvage démon de l’Allemagne se serait-il emparé de lui aussi ?! Je ne serais pas étonnée qu’un de ces quatre matins, ce soit monsieur Sam lui-même qui me supplie de l’emmener faire un tour de l’autre côté de la frontière !!! En tout cas, mercredi, en peu de temps, nous étions prêts tous les trois. A 11 heures du matin, nous franchissions la frontière…
Nous sommes allés nous balader à Zweibrücken, petite ville assez sympa, située dans le Land « Rheinland-Pfalz » (Rhénanie-Palatinat). Tout de même, dans l’artère commerçante de Zweibrücken, on trouve deux librairies, ce qui, pour moi, est déjà synonyme de bonheur !! Dans l’une d’elles, j’ai pu dégoter mon habituel breuvage d’hiver, mon « Wintertee ». Oui, dans une librairie ! L’emballage de la boisson en question précise d’ailleurs qu’elle est destinée à accompagner nos heures de lecture ! Quelle belle idée !
Toujours dans la même librairie, j’ai trouvé un livre de recettes de gâteaux de Noël. Ces gâteaux, que vous connaissez sans doute, on les trouve dans de nombreux foyers allemands dès le début de l’Avent. Cela faisait un bout de temps que je rêvais de trouver un livre aussi complet ! Je vais pouvoir proposer des recettes sympatoches à mes élèves dans les semaines qui viennent ! Et, en prof consciencieuse qu’il m’arrive d’être de temps en temps, je vais employer mes vacances de la Toussaint à tester les recettes en question ! C’est ainsi qu’avant-hier, Sam et moi nous sommes lancés, dès notre retour de Germanie, dans la confection de petits ronds aux pavots. Un délice !
Voilà. Pour moi, l’Allemagne, c’est aussi cette douceur de vivre, cette façon de prendre son temps… Finalement, je ne regrette pas d’avoir choisi d’être prof d’allemand car si j’avais été prof d’italien ou d’anglais, comme l’idée m’en a effleurée à une époque, jamais je n’aurais pu, habitant en Lorraine, combler aussi facilement mes envies d’Italie ou d’Angleterre, alors que mes envies d’Allemagne, aujourd’hui, je te les bichonne comme il se doit et n’hésite pas à partir sur un coup de tête en Bundesrepublik Deutschland ! De même que je ne regrette pas d’habiter en Lorraine, même si c’est loin d’être la région la plus ensoleillée de France ! Quoique… Sachant que mon grand rayon de soleil est et demeure l’Allemagne, je n’ai pas réellement à me plaindre du froid !!!!
16:05 | Lien permanent | Commentaires (8)
30/10/2007
Attendre...
Petite parenthèse dans la vie de Goethe. Ce matin, je vous propose un texte que je trouve magnifique. Il est de Heinrich Spoerl (1887-1955). Il s'agit d'une très belle réflexion sur l'attente et la patience... A méditer, en ces jours où, comme moi, de nombreux admirateurs de Thiéfaine attendent impatiemment la sortie de l'album "Amicalement blues" !!!
Als ich einmal warten musste, habe ich mir ein Märchen erdacht : Es war einmal ein junger Bauer, der wollte seine Liebste treffen. Er war ein ungeduldiger Gesell und viel zu früh gekommen. Und verstand sich schlecht aufs Warten. Er sah nicht den Sonnenschein, nicht den Frühling und die Pracht der Blumen. Ungeduldig warf er sich unter einen Baum und haderte mit sich und der Welt.
Da stand plötzlich ein graues Männlein vor ihm und sagte : Ich weiß, wo dich der Schuh drückt. Nimm diesen Knopf und nähe ihn an dein Wams. Und wenn du auf etwas wartest und dir die Zeit zu langsam geht, dann brauchst du nur den Knopf nach rechts zu drehen, und du springst über die Zeit hinweg bis dahin, wo du willst.
Das war so recht nach des jungen Burschen Geschmack. Er nahm den Zauberknopf und machte einen Versuch und drehte : und schon stand die Liebste vor ihm und lachte ihn an. Das ist schön und gut, dachte er, aber mir wäre lieber, wenn schon Hochzeit wäre. Er drehte abermals : Und saß mit ihr beim Hochzeitsschmaus, und Flöten und Geigen klangen um ihn. Da sah er seiner jungen Frau in die Augen : Wenn wir doch schon allein wären. Wieder drehte er heimlich, und da war tiefe Nacht und sein Wunsch erfüllt. Und dann sprach er über seine Pläne. Wenn unser neues Haus erst fertig ist – und drehte von neuem an dem Knopf : da war Sommer, und das Haus stand breit und leer und nahm ihn auf. Jetzt fehlen uns noch die Kinder, sagte er, und konnte es wiederum nicht erwarten. Und drehte schnell den Knopf : Da war er älter und hatte seine Buben auf den Knien, und Neues im Sinn und konnte es nicht erwarten. Und drehte, drehte, dass das Leben an ihm vorbeisprang, und ehe er sich’s versah, war er ein alter Mann und lag auf dem Sterbebett. Nun hatte er nichts mehr zu drehen und blickte hinter sich. Und merkte, dass er schlecht gewirtschaftet hatte. Er wollte sich das Warten ersparen und nur die Erfüllung genießen, wie man Rosinen aus einem Napfkuchen nascht. Nun, da sein Leben verrauscht war, erkannte er, dass auch das Warten des Lebens wert ist und erst die Erfüllung würzt. Was gäbe er darum, wenn er die Zeit ein wenig rückwärts schrauben könnte ! Zitternd versuchte er den Knopf nach links zu drehen. Da tat es einen Ruck, er wachte auf und lag noch immer unter dem blühenden Baum und wartete auf seine Liebste. Aber jetzt hatte er das Warten gelernt. Alle Hast und Ungeduld war von ihm gewichen; er schaute gelassen in den blauen Himmel, hörte den Vöglein zu und spielte mit den Käfern im Grase. Und freute sich des Wartens.
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