02/10/2007
Anecdote
Petite parenthèse dans la vie du grand monsieur que fut Goethe pour vous raconter une anecdote. Hier, je demandais à mes élèves de faire quelques phrases dont le but était de décrire les activités de tel personnage à tel moment de la journée. Comme la classe est assez faible (que dis-je? on ne peut plus faible, je crois que cette fois j'ai atteint le tréfonds), j'ai proposé l'activité à l'écrit avec la possibilité de bosser à deux. Je passe dans les rangs. Deux gamines se tournent les pouces. Je leur demande pourquoi elles n'essaient même pas vaguement de faire mon minuscule exercice. Réponse de l'une d'entre elles : "Moi, je comprends rien. Et pi de toute façon j'aime pas l'allemand et j'aime pas les Allemands". Comme j'enseigne au fin fond de la Meurthe-et-Moselle, limite Vosges, je me dis illico qu'en général, pour voir un Allemand dans ce genre de contrée perdue, il faut se lever tôt. Je réagis donc de la sorte : "Parce que tu en as déjà vu beaucoup, des Allemands, toi?" Réponse de la gamine : "Euh, ben, euh". Oui, c'est bien ce que je pensais. Voilà donc mon lot quotidien et je sais, pour en avoir déjà longuement discuté avec d'autres collègues, que je ne suis pas la seule à essuyer régulièrement ce genre de remarques. Quand on dit Espagne ou Italie, tout le monde pense soleil et plage, mais quand on dit Allemagne, beaucoup voient encore une grosse croix gammée ou que sais-je encore. Mais pourquoi l'allemand a-t-il donc si mauvaise presse? Pourquoi la jeunesse actuelle, qui, que je sache, n'a pas trop souffert de la dernière guerre mondiale, remet-elle si souvent sur le tapis le nazisme, Hitler et compagnie, oubliant si promptement que quelques décennies sont passées depuis? Je ne compte plus les films dans lesquels la langue allemande est tournée en ridicule, vomie par des affreux beuglants et tonitruants, le genre de personne que pour ma part, je n'ai pas rencontrée très souvent outre-Rhin...
Le prof d'allemand a plus de mérite que ses collègues, n'ayons pas peur de le dire haut et fort : il lui faut garder le feu sacré alors que partout on lui fait sentir qu'il n'est que toléré et que, tiens, s'il y avait moyen de faire espagnol ou italien, on n'irait tout de même pas s'embêter à apprendre la langue de ce crétin de ... comment vous dites déjà, Goette?!!!
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