14/12/2008
Meine freie deutsche Jugend

Il y a quelques semaines, ma collègue de musique me demandait un petit service : jeter un oeil sur le devoir d'allemand de sa fille. Il s'agissait d'un devoir de compréhension écrite. Avec, comme document de référence, un texte parlant de la RDA. Le titre : « Die Musik meines Vaters ». L'auteur : Claudia Rusch. Inconnue au bataillon. Moi qui adore les témoignages évoquant la RDA et en ai lu un bon paquet, j'en suis restée comme deux ronds de flan ! D'abord, je me mis à lire le texte. Une jeune fille racontait quel avait été le pouvoir de la musique « de l'autre côté ». Et combien le concert de Bob Dylan, à Berlin-Est en 1987, avait été décevant : le public est-allemand, pourtant si heureux d'accueillir le grand homme, s'était senti floué par sa prestation qui n'avait ressemblé qu'à une obligation sur une longue liste... « Für die Leute war es Gott schauen – aber der Schöpfer ging vorüber, ohne sie eines Blickes zu würdigen ».
Plus loin, il était question de Neil Young qui, lui, n'a jamais donné de concert en RDA. En revanche, il est venu jouer à Berlin au début des années 90. Le beau-père de Claudia Rusch était allé l'applaudir, elle l'avait accompagné et avait compris qu'était en train de s'accomplir, sous ses yeux de toute jeune fille, le rêve d'une vie entière...
Evidemment, le texte m'a émue ! Juste après l'avoir lu, c'était décidé : je finirais par acheter le bouquin ! Ce que j'ai fait il y a quelques jours. Sur Amazon.de parce que, malheureusement, pas le temps d'aller en Allemagne me procurer le trésor.
Depuis que j'ai reçu ce livre (Meine freie deutsche Jugend), je le sirote, je le bois tranquillement pendant les siestes de Louise, les moments plus calmes de Clara, les rares heures où je suis seule dans l'appartement, entourée de silence...
Ce livre est tout simplement magnifique. Extrêmement touchant ! Je me sens proche de cette jeune femme qui raconte que le rêve de sa mère, du temps de la RDA, était de manger du homard, délicieux mets introuvable à l'Est. Et qu'un parent de l'Ouest (il me semble) lui avait rapporté un jour. Sauf que le homard, eh bien, personne ne savait comment le cuisiner. Ils s'y sont mis à plusieurs et ont décidé de le faire cuire à la poêle. Bien entendu, le truc s'est révélé immangeable ! Je me sens proche aussi de cette jeune femme qui raconte que lorsque le mur est tombé, son rêve le plus ardent était d'aller en France (tiens, j'en connais une qui rêve plutôt d'Allemagne !). Et elle y est allée. Elle a même supplié le fonctionnaire des douanes françaises de lui mettre un tampon français sur son passeport est-allemand.
C'est touchant, c'est drôle aussi parfois. Plein de vie, de la vie comme elle va, emmaillotée dans son cortège de joies et de peines. Un livre à lire absolument, quoi !
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